IV - Comptabilité générale et comptabilité analytique, sources du contrôle de gestion


Nous avons d’abord défini le contrôle de gestion pour se familiariser avec cette notion et voir toutes ses interférences dans l’entreprise.
Ensuite, priorité des priorités, il fallait expliquer en quoi le système d’informations devant conduire en particulier à la fiabilité des données financières, était primordial, renforcé par la force et la rigueur du contrôle interne que constituait le chapitre précédent.
Il est désormais temps de passer à l’étape suivante et majeure. Cette phase traduit l’objectif final du contrôleur de gestion, ce pourquoi il a été embauché : la mesure de la performance.
Mais mesurer quoi ? Pour mesurer, il faut des données. Nous parlerons ici des données financières. Quelles sont-elles et où les trouver ? Dans la comptabilité analytique ? Dans la comptabilité générale ? Voyons ce qu’on y trouve, ce que l’on ne trouve pas et les liens entre ces deux disciplines : celle du comptable et celle du contrôleur de gestion.


cycle du controle de gestion

Cycle du contrôle de gestion

I. La comptabilité générale

 A.   Définition de la comptabilité générale :


La comptabilité générale est une norme de comptabilisation, édicté et structuré par le « PCG » (Plan Comptable Général), dont la version moderne date de 1999, et légèrement mis à jour par la suite pour suivre la réglementation comptable et fiscale en vigueur d’une part, mais aussi par souci d’harmonisation avec les normes européennes et internationales : IAS, IFRS, IASB.

Les règles de comptabilité générale obéissent à la législation édictée par le code de commerce. Ainsi, le commerçant, qu'il soit personne physique ou morale, doit tenir une comptabilité. En effet, toute entreprise immatriculée au registre du commerce et des sociétés (RCS), soumise à un régime réel d'imposition, doit tenir une comptabilité normale ou simplifiée, en respectant les règles du plan comptable, sous peine d'une taxation d'office de l’administration fiscale. Ses obligations comptables sont différentes selon la taille et le régime comptable de l'entreprise.
Plus précisément, il faudra « déposer les comptes » (et non pas « déposer le bilan » ;-), c’est-à-dire, une fois le déroulement des assemblées d’usage démarrant par « l’acte de décision d’arrêter des comptes », les états de synthèses, soit Bilan, Compte de résultats et Annexes, seront déposés au Greffe du Tribunal de Commerce dont le siège de l’entreprise dépend.

Au-delà des « écritures » que l’on pourrait comparer à l’alphabet des comptables, le « PCG » précise les « principes » de la comptabilité :

B.   Les principes de la comptabilité générale


1) Le principe de continuité d’exploitation
2) Le principe d’indépendance des exercices
3) Le principe des coûts historiques
4) Le principe de prudence
5) Le principe de permanence des méthodes
6) Le principe d’importance relative
7) Le principe de non-compensation
8) Le principe de bonne information
9) Le principe de prééminence de la réalité sur l’apparence (image fidèle)
10) Le principe d’intangibilité du bilan d’ouverture :

Ces règles sont le socle de la comptabilité et les auditeurs financiers ou fiscaux, tout comme les métiers de la comptabilité n’ont de cesse de s’y référer. Ce sont également des informations à égrener aux interlocuteurs de l’entreprise pour communiquer sur les résultats ou en réponse à des demandes d’enregistrement d’écriture, de responsables de service opérationnels, qui n’entreraient pas dans ce cadre.

C.   Le mode de comptabilisation par nature


Le principe (et l’obligation à minima) de la comptabilité générale et donc, de son plan comptable associé, est d’enregistrer les comptes de charges et de produits par nature. En résumé, le système de la comptabilité générale répond à la question « quoi ? », mais pas à la question « qui ? ».
Exemple de comptes issus du PCG :




Achats (sauf 603) 



Achats stockés - Matières premières (et fournitures) 

6011.
Matières (ou groupe) A 
6012.
Matières (ou groupe) B 
6017.
Fournitures A, B, C, ...



Achats stockés - Autres approvisionnements 

6021.
Matières consommables
60211.
Matières (ou groupe) C 

60212.
Matières (ou groupe) D 



6022.
Fournitures consommables
60221.
Combustibles

60222.
Produits d'entretien

60223.
Fournitures d'atelier et d'usine 

60224.
Fournitures de magasin

60225.
Fourniture de bureau



6026.
Emballages
60261.
Emballages perdus

60265.
Emballages récupérables non identifiables 

60267.
Emballages à usage mixte 



Achats d'études et prestations de services 


 Achats de matériel, équipements et travaux 


Achats non stockés de matière et fournitures 

6061.
Fournitures non stockables (eau, énergie) 
6063.
Fournitures d'entretien et de petit équipement 
6064.
Fournitures administratives 
6068.
Autres matières et fournitures 



Achats de marchandises
6071.
Marchandise (ou groupe) A

6072.
Marchandise (ou groupe) B



608.
(Compte réservé, le cas échéant, à la récapitulation des frais accessoires incorporés aux achats) 



Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats 

6091.
de matières premières (et fournitures) 
6092.
d'autres approvisionnements stockés 
6094.
d'études et prestations de services 
6095.
de matériel, équipements et travaux 
6096.
d'approvisionnements non stockés 
6097.
de marchandises 
6098.
Rabais, remises et ristournes non affectés 



Variations des stocks (approvisionnements et marchandises) 

Variation des stocks de matières premières (et fournitures) 

Variation des stocks des autres approvisionnements 
Variation des stocks de marchandises

A noter que l’on retrouve les totaux sur les liasses fiscales. La plupart des interfaces de liasses étant pré remplies à partir de la « balance générale ».

D.   Les limites de la comptabilisation par nature :


·         A aucun moment, on explique sur quelle activité (« centre d’analyse » pour reprendre la terminologie universitaire) porte la consommation de matière.
·         De même, il y a des dizaines de milliers de type de matières, quand le plan ne prévoit qu’un opaque regroupement.
·         Si on se borne à l’obligation légale, les comptes doivent être déposés une fois par an, ce qui ne permet évidemment pas d’en faire l’analyse et le plan d’actions correspondant

E.   Les Limites du bilan ?


Rappelons que le bilan représente l’arrêté des comptes à la date de la fin de l’exercice comptable. Ainsi, on se limitant au minimum légal consistant à établir un bilan (pour le dépôt des comptes), une fois par an, nous montrerons une situation (trésorerie, dettes, créances….) un instant « T », jour « J ». La saisonnalité des derniers mois précédent la fin de l’exercice influence, en effet, énormément le bilan et fausse donc, lorsque que l’on compare deux exercices, l’appréciation de l’amélioration ou de la dégradation de la santé financière de l’entreprise. Certes, les Annexes permettent d’étayer certains comptes de bilans, mais pas tous, et, en outre, un certain nombre d’analystes (dont les sociétés d’assurances crédit) n’iront pas jusque-là et se limiteront à la simple lecture du bilan pour en tirer des conclusions hâtives sur la solidité d’une société.
Est-il utile de préciser que l’expert-comptable s’armera d’un maximum d’outils (au-delà des tableaux de financement et autres bilans financiers ou fonctionnels) pour analyser avec plus de précision le cash.

F.    En quoi la comptabilité générale, est-elle utile au contrôle de gestion ?


Nous voici en cœur du sujet. Après avoir dénoncé les problématiques de la comptabilité générale, doit-on en déduire que les données issues de la comptabilité générale ont un contenu trop pauvre pour alimenter le contrôle de gestion ? Réponse de normand : oui on s’arrête à l’application de la loi et uniquement ; non, si on complète les données par d’autres informations, à commencer par la fameuse comptabilité analytique. Elle est donc simplement incomplète du simple fait qu’elle ait été conçue en premier lieu en vue de répondre à des questions telles que :
-          Quel est le résultat imposable à l’IS ?
-          Est-ce que la société est rentable ?
-          Quels sont les coûts variables et les charges fixes (1) ?
-          Quel est le chiffre d’affaires ?
-          Quels sont (et de quoi sont constitués) les : résultat d’exploitation, résultat exceptionnel, résultat financier ?
-          Quelle est le niveau de trésorerie, d’endettement (à un instant « T ») ?
-          Quel est le Besoin en Fonds de Roulement ?
-          Quel est le Fonds de Roulement Net Global ?...
-         
( 1)  Et encore…sur la base de comptabilité générale, on ne pourra pas distinguer pour une même rubrique de dépense (dépense de personnel par exemple) les charges de fonctionnement d’un service dépendant de l’activité donc variable (par exemple CDD saisonnier) de services dits « généraux » sans rapport avec l’activité.
Néanmoins, la comptabilité est une source très riche dans laquelle le contrôleur de gestion se servira et à plusieurs titres :

·         La comptabilité générale est le point d’entrée de la comptabilité analytique ;
·         La comptabilité analytique devra être réconciliée avec la comptabilité générale ou les écarts devront être justifiés
·         Le contrôleur de gestion s’appuiera sur une comptabilité analytique (et ce qui en découle :  Reporting, contrôle budgétaire, tableau de bord…) qui puise sa crédibilité sur les principes de la comptabilité générale, en particulier :
o   l’indépendance des exercices ;
o   le principe de permanence des méthodes ;
o   le principe de bonne information;
o   le principe de prudence

Conscient des limites de la comptabilité générale, et de la nécessité qui s’impose donc, de s’orienter vers la comptabilité analytique, abordons cette source majeure pour le contrôleur de gestion.

II. La comptabilité analytique :


A.   Définition de la comptabilité analytique


La comptabilité analytique est une norme de comptabilisation puisant sa source sur la comptabilité générale et déclinée en centres de coûts (typologie de charges) et en centres de profits (typologie de produits) dans le but de fournir la rentabilité par activité.

B.   Quels sont les objectifs de la comptabilité analytique


B1. Rentabilité

Comme vu précédemment, contrairement à la comptabilité générale qui ne peut que donner une vision d’une entité fiscale, la comptabilité analytique permet d’indiquer le résultat des secteurs d’activité. Pour les environnements industriels, on présentera souvent les performances sous la forme marge sur achats, dit « gross margin » et de résultat opérationnel (soit le résultat courant – la participation  ou en anglais : EBIT : « Earning before Interest and Taxes » et PBIT « Profit before Interest and Taxes »)
Exemple simplifié de présentation de rentabilité d’une activité


€ / article (2)
% chiffre d’affaires
Chiffre d’affaires
100.000
2
100
Achats matière (1)
  50.000
1
50
Marge sur achats
  50.000
1
50
Frais fixes
  20.000
0,4
20
Résultat opérationnel
  30.000
0,6
30
(1)  Achats en rapport avec les produits vendus
(2)  Sur la base d’une quantité facturée sur la période de 50000

La rentabilité pourra être décliner en un certain nombre de kpi tels que les seuils de rentabilité (ou point mort), le contrôle budgétaire. Elle fait évidemment partie intégrante du calcul du coût complet.

B2. Point mort

Le point mort ou seuil de rentabilité est le niveau de chiffre d’affaires ou la quantité minimum à facturer pour couvrir les frais fixes donc dégager du résultat.
Cf.
B3. Contrôle budgétaire

Le contrôle budgétaire est un dispositif qui compare les dépenses réalisées par rapport au budget (et à N-1) scindées par secteur, département… Ces indicateurs sont transmis aux responsables concernés et ont un triple objectif, comme la plupart du temps pour le contrôle de gestion :
1.    Communiquer sur les écarts budgétaire

2.    Avoir des explications sur ces écarts

3.    Connaitre les mesures correctives à venir pour compenser les dérives
Ces actions correctives ou leur absence seront particulièrement utiles lors des prévisions annuelles (« forecast », « outlook », ou « atterrissage » en français).

B4. Coûts complets

Méthode de calcul des coûts de revient universelle qui permet d’intégrer l’ensemble des coûts d’une entreprise au coût de fabrication d’un produit. Les techniques de calcul seront différentes entre les coûts directs et les coûts indirects. A savoir que les coûts directs comprennent 100% des coûts variables essentiellement et une partie des coûts fixes.


Charges directes
Charges indirectes
Entre dans le coût de stock
Charges variables
Charges fixes
Charges fixes
Répartition primaire
Consommations matières
MOD (Main d'œuvre directe) d'achats

Oui
Consommations marchandises
MOD (Main d'œuvre directe) production

Oui
Frais accessoires d'achats
MOD (Main d'œuvre directe) expédition

Non
Répartition secondaire (par unité d'œuvre)


MOI (Main d'œuvre indirecte) + coût de fonctionnement achats
Oui


MOI (Main d'œuvre indirecte) + coût de fonctionnemen production
Oui


MOI (Main d'œuvre indirecte) + coût de fonctionnemen expedition
Non


MOI (Main d'œuvre indirecte) + coût de fonctionnemen administratif
Non
Tableau de relation charges fixes, variables, directes, indirectes


B5. Valorisation du stock

La valorisation des produits finis est nécessaire à l’évaluation des stocks. Quelle que soit la méthode retenue (ABC, coûts complets, coûts standard, LIFO, FIFO…), le stock devra être comparé au coût réel et s’en approcher de manière à s’assurer que de manière volontaire ou non, la valeur de stock ne serve pas de variable d’ajustement au résultat, plus particulièrement en cas de sous activité : dans ce cas, les rendements seront plus faibles, donc le coût plus important et on pourrait arriver au paradoxe consistant alors que l’activité ralentie de générer du résultat par une variation de stock « créditrice » du fait :
-          de la hausse du volume stocké (car les ventes ralentissent)
-          et surtout de la survalorisation du coût unitaire des produits finis.

Ce dernier effet est particulièrement chassé par nos amis, les auditeurs.

B6. Fixation du prix de vente

A quoi sert de connaitre le coût de production d’un produit ou le coût de revient d’une activité si ce n’est de fixer le prix de vente et bien-sûr d’augmenter le prix de vente en cas de perte ou de faible rentabilité ou de le diminuer si la marge est trop forte…ah, ah, ah, aucun intérêt évidemment, quoique… La fixation de prix de vente ne dépend pas uniquement du coût de revient d’une activité, ça peut même être secondaire selon la stratégie commerciale insufflée par le marché, la concurrence, la valeur ajoutée du produit/service, etc, etc. Néanmoins, le contrôleur doit fournir les informations aux personnes concernées. Sa valeur ajoutée est de faire un bilan ou une prévision d’une performance par activité. Les décideurs pourront décider d’en tenir compte ou pas selon leur volonté et leur possibilité d’actions (mais toujours dans le sens de l’entreprise). Le contrôleur aura fait son job : valoriser les activités et les communiquer à qui de droit.

C.   La collecte des données


C1. Les coûts fixes


1.    Définition :

Nous retrouvons, via la comptabilité générale, les comptes de charges qui se distinguent par nature. Pour les personnes plus habituées au format officiel de la liasse fiscale, on retrouvera les rubriques suivantes :

extrait liasse fiscale pour détermination des frais fixes
Extrait liasse fiscale pour détermination des frais fixes

Ce à quoi on pourra déduira les « produits d’exploitations » suivants s’ils ont un lien avec les comptes de charges ci-dessus : 

Extrait liasse fiscale pour diminution des frais fixes
Extrait liasse fiscale pour diminution des frais fixes



2.    Technique de comptabilisation

Il s’agit simplement d’attribuer un centre de coûts (on peut également parler de département, de section analytique, de secteur….) en fonction de la destination de la dépense, à l’inverse de la comptabilité générale qui décrit, pour rappel, la nature de la dépense.
Par ailleurs, il est utile de subdiviser un centre de coûts en « ordres », selon le département concerné. Cette classification par ordre aura toute sa légitimité dans les fonctions R&D ou commerciale où il sera pertinent d’avoir une analyse par projet au sein d’une même section.

Ces coûts peuvent être alloués directement sur le coût des produits comme les coûts matières (coûts directs) ou bien indirectement

21. Allocation primaire

Il s’agit exclusivement de la Main d’œuvre directe, dite MOD, relative aux coûts d’approvisionnement, de production et de conditionnement des produits. On considère ces coûts comme dépendant directement de l’activité. En fait ce concept peut prêter à discussion, car les personnes ne sont pas payées à la tâche et, le cas échéant, n’ont qu’une partie des salaires (primes) dépendant de l’activité en général et de surcroît pas forcément liée à la production.
Ces coûts entreront donc directement dans le coût de revient des produits finis

22. Allocation secondaire

Il s’agit de l’ensemble des coûts fixes de toutes destinations et de toutes natures que l’on ne peut pas affecter directement à un produit. Ces coûts passent par des « centres d’analyse » (terme utilisé dans le cadre de la méthode des coûts complets) avant d’être imputé sur les produits via les unités d’oeuvre

23. Processus de mise en place de l’allocation des coûts de la comptabilité générale vers la comptabilité analytique :

L’objectif est qu’in fine, les coûts soient déversés via la comptabilité analytique. Nous distinguons les sections automatiques qui dépendent généralement de la nature de la charge (donc du compte ou groupe de comptes de la comptabilité générale) et des sections manuelles à documenter par un « décideur ».

23A. Section automatique

23Aa) Masse salariale

Les centres de coûts sont attribués lors de l’arrivée du salarié et de manière permanente (sauf changement de fonction). La masse salariale représentant minimum 75% des coûts fixes, il est rassurant de savoir que l’analytique qui en dépend sera tout le temps correct (puisqu’il ne dépend pas de manipulations humaines ou informatiques, donc de l’incertitude qui en découle).
L’imputation comptable se fera au moyen d’une « interface » entre le logiciel de paye et la comptabilité

23Ab) Frais de fonctionnement des salariés

De même, les dépenses de ces mêmes salariés (frais de déplacement, amortissement d’équipement personnel) auront une imputation analytique évidemment identique à leur section de paye.

23AC) Comptes mono centre de coûts

Pour un certain nombre de comptes de la comptabilité générale, on peut déterminer un centre de coûts par défaut car par leur nature, ils sont destinés à une destination et une seule. Citons les refacturations de sièges, les honoraires des commissaires aux comptes, les frais de gardiennage, etc, etc.

23B. Section manuelle :

Tous les autres types de dépenses seront imputés manuellement, donc, via les deux principaux moyens suivants :

23Ba) Commande

A la commande, l’acheteur indiquera la section concernée. Par le biais de la réception et/ou de la facturation, l’affectation du centre de coût indiquée au préalable, lors de la saisie de la commande, sera alors reprise.

23Bb) Facturation

Au moment de la saisie de le facture, on pourra également indiquer une modifier l’allocation du compte général

23Bc) Quels logiciels?

Tous les logiciels, même entrées de gamme, proposent une mini analytique : SAARI, CIEL, SAGE. Certes, vous n’allez pas pouvoir créer des « clés de répartition automatiques », mais facilement des affectations manuelles et des états ou exports sommés par centre de coûts

C2. Les coûts variables


1.    Définition

Les coûts variables sont les coûts qui varient de manière parfaitement proportionnelle à la production. Il s’agit donc des coûts matière et marchandises. La MOD (Main d’œuvre directe) est parfois considérée comme variable, mais elle est en en fait directe (Cf. précédent) car le coût ne varie pas stricto sensus au rythme de la production. Un opérateur pourra travailler plus, ou moins vite, que la cadence (dite standard) de fabrication. Dans ce cas, son coût ne variera pas alors que le volume de production, oui.
Comme pour les frais fixes, pour connaitre le montant d’ensemble des coûts variables qu’il faudra affecter au compte de résultats, on pourra retrouver ces données sur la liasse fiscale :


Achats de marchandises (droits de douane compris)
ON

Variation de stocks (marchandises)
OO

Achats de matières premières et autres approvisionnements (droits de douane compris)
OP

Variation de stocks (matières premières et approvisionnements)
OQ

2.    Technique de comptabilisation

Comme résumé précédemment, ces coûts matières sont imputés directement sur le coût des produits, sans qu’il y ait besoin de passer pas des allocations sur centres d’analyse, suivi d’un déversement sur les produits finaux via les unités d’œuvre. Si le principes mathématique est simple à première vue que les vraies fixes, la méthodologie est, elle, beaucoup, beaucoup, plus complexe que les frais fixes en eux-mêmes.

2.1 Comment est calculé un prix d’achat.

Rappelons que nous cherchons à définir le prix d’achat d’un bien consommé. Il s’agit bien de consommation en volume et en euros que l’on retrouvera dans le compte de résultat, reporting, méthode de coût complet, coût de revient, etc.

Définition d’une consommation (de matière) :

équilibre des stocks
Equililbre des stocks

Consommations = Stock initial + entrées en stocks – stock final.
Ou
Stock final = Stock initial + Entrées de stocks - Consommations

21A. Comment est valorisé l’entrée de stock ?

Les entrées sont valorisées aux prix commandées

21B. Comment sont valorisés stock et sorties?

FIFO? LIFO? Coût standard? PUMP?...

Dans notre équation ci-dessous, l’inconnu restant est la valeur du stock (initial ou final)
Plusieurs méthodes, mais une seule usuellement pratiquée.
FIFO, comme First In First Out, signifie que la matière consommée est valorisée au premier prix d’achat commandé ;
LIFO, comme Last In First Out, signifie que la matière consommée est valorisée au dernier prix d’achat commandé ;
Le coût standard bien qu’utilisé essentiellement pour valoriser les produits finis, serait tout de même utilisé également pour valoriser les composants et matières premières. Cela consiste à définir un prix qui est à mettre à jours régulièrement. L’écarts entre le coût standard et le prix d’achat constaté à la réception, passe alors en écarts de prix via un compte d’achats.
            Avantage du coût standard
·         Pas de besoin de système élaboré pour le calculer ;
·         Pas de sensibilité aux erreurs humaines (saisie –commande, facture, unité, erreur article, mouvement de stock erroné…) :
·         Pas d’effet des fluctuations de marché

Inconvénient du coût standard
·         Doit être maintenu régulièrement ;
·         Jamais à jour à l’instant « T » ;
·         Insuffisant, car d’un point d’audit ou d’analyse, le prix réel est toujours nécessaire

PUMP, comme prix unitaire moyen pondéré, signifie que la consommation est valorisée à partir de la valeur moyenne du stock.
Le principe de la valorisation des mouvements de stock est qu'à charge sortie, le prix d'une matière est valorisée en fonction du PUMP à la date de la sortie.

Exemple de calcul de PUMP :

Stock initial 01/01/2018 : 10 x 1€
Entrée sur la période < 15/01/2018 (selon commande achats) : 3 x 1,2€ + 5 x 0,7€
Stock 15/01/2018 : 10 x 1 + 3 x 1,2 + 5 x 0,7 =  17,1 € / 18 unités  = 0,95€
Sortie du > 15/01/2018 jusqu’à la prochaine entrée : 5 x 0,95€
Stock : 13 x 0,95 € = 12,35€

21C. Principe de stock en temps réel

Pour avoir des coûts de matières premières, basée pour rappel sur les consommations (règles de base comptable et non pas sur les entrées de stocks comme le pensent souvent les personnes étrangères à la finance), il faut se munir d’un ERP, dont SAP est le plus célèbre (et le plus coûteux), cf. définition d’un ERP. Ce procédé permet une traçabilité des prix d’une part et un recalcule permanent des valeurs en stocks et de son corolaire les sorties de stock. Les quantités et, plus délicat, les coûts seront ainsi valorisés en temps réel.
Pour valoriser entrées, sorties et stocks, un ERP a besoin de trouver le prix d’achats (euro), la nature de la matière (compte comptable), les mouvements de stock (quantité).

21C.a) Le prix d’achats (PUMP)

Le système va simplement puiser le prix d’achat (qui servira à valoriser les entrées de stocks) dans la commande, en l’occurrence dans le code article de la commande.

21C.b) Le compte comptable

Le compte comptable est issu d’une variable appelée « classe de valorisation » qui est à renseigner dans le code article. Il s’agit du niveau le plus détaillé de matière que l’on peut trouver dans la comptabilité (exemple pour un fabricant de meubles anciens : bois, laiton, boutons, vernis…). Une table de correspondance entre la classe de valorisation et le compte comptable permettra ainsi de générer l’écriture comptable correspondante. Mais pour valoriser cette nature comptable, encore faut-il en connaitre la quantité. C’est l’objet du code de mouvement de stock

21C.c) Le code mouvement

Le code mouvement aura deux fonctions :

  • Valoriser le stock en quantité :


Exemple :
code mouvement entrée sur commande : 100 ;
code mouvement consommations : 50
calcul : 50

  • Détailler le compte de variation de stock par motif (en sus de la classe de valorisation généré par l’article lui-même)


Exemple
Code mouvement écarts d’inventaire
Code mouvement mise au rebut

Comptabilisation des stocks par une ERP


Tous ces comptes iront bien dans la racine des comptes de variations de stocks, mais, au-delà, donneront une information de gestion beaucoup plus pertinente pour l’encadrement de production et le contrôleur de gestion
Nous voyons, ici qu’une comptabilité générale basique et sans pourvu d’ERP pourra donner les informations légales de variation de stock (donc de consommations car c’est bien ce que nous cherchons pour valoriser les coûts variables), mais une fois par an au moment du bilan et sans aucun détail par produit.
Concernant les coûts variables des produits, justement, il reste à faire la jointure entre les coûts des composants ou matières premières vu précédemment et l’article fini, ou semi-fini (dit « en-cours »)

3.    Allocation du coût variable au produit fini

31. Coût unitaire réel / quantité théorique

Il est possible voire fréquent que des composants ne soient pas valorisés dans le process de fabrication en temps réel, mais une fois ou plus par mois au moment de l’inventaire, car suivre les consommations demandent des périphériques adéquates (lecteurs code barre), des logiciels pointus et des process élaborés. Donc, des matières « mineures » ne rentreront pas forcément dans ce cadre. Dans ce cas, on se servira de la nomenclature (c’est-à-dire de la quantité théorique de composants, rebut compris pour un produit fini) pour déterminer le volume, mais le prix sera défini sur la base réelle.

32. Coût unitaire réel / quantité réelle

Le top pour le contrôleur de gestion : les consommations sont « indexée » sur le volume de produits fini au moment où ils entrent dans le process de fabrication. On dit qu’ils sont post-consommés, car ils vont être déclarés sorties du stock au début d’un process de fabrication, alors que dans les faits, à ce stade, ils ont juste changé de localisation. La quantité non consommée sera bien rajoutée au stock, mais que dans un deuxième temps, après la déclaration (ou validation ou fermeture…) de l’ordre de fabrication

Nous avons désormais trouver la source des coûts fixes et des coûts variable, suffisant pour calculer un coûts de revient. Mais pour calculer une marge, nous avons besoin de trouver le… prix de vente.

C3. Prix de vente


Le prix de vente est une donnée disponible dans tous les systèmes, même les plus basiques car faire une facture est bien-entendu vital pour tout secteur d’activité et toute taille d’entreprise. Il suffira de les extraire, de manière plus ou moins manuelle, selon les système (journal des ventes, état des factures…) pour un secteur, un produit, et une période choisie.
Néanmoins, il est conseillé d’aller dans le dictionnaire financier, définissant la marge,  en particulier pour bien prendre en compte les éléments déductifs du prix de vente.

En conclusion, nous avons vu ici les limites de la comptabilité pour calculer un coût de revient et les différentes approches pour trouver coûts fixes et coûts variables, entrant dans le calcul des coûts complets, méthode plébiscitée au sein de la comptabilité analytique. Ce chapitre doit permettre au contrôleur de gestion de savoir comment sont calculées les données et également commente les récupérer pour faire une analyse de coûts ou de marge. Mais, le contrôleur de gestion sera souvent limité voire bloqué par le système. Dans la « vraie vie », donc, il devra vraiment se poser la question : quelle est la part la plus importante des coûts : frais fixes, achats, et à l’intérieur : personnel, honoraires, négoce, matières premières, etc…De cette matière, il canalisera la(les) partie(s) où il doit se focaliser, mettre en place un suivi ou un processus informatique pour arriver à avoir une vision fiable et une lisibilité des leviers. L’efficience que demande le contrôleur de gestion aux autres acteurs doit d’abord passer par lui.

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